• Increase font size
  • Default font size
  • Decrease font size
Historique des moulins Peugeot

Peugeot est célèbre aujourd’hui grâce a ces voitures, il a commencé au 19ème siècle par des moulins à café de ménage de forme cubique, que l’on trouve encore dans tous les vides-grenier de France.

Peugeot débute son industrie de moulins à café vers 1840 dans le jura. La famille Peugeot, originaire du pays de Montbéliard, avait sur ses terres des moulins à eau qui ont marqué les emplacements de futures usines.

Jean-Pierre Peugeot (1734-1814) laisse en héritage à ses fils une teinturerie, une huilerie et un moulin. La révolution permet le rattachement du pays de Montbéliard à la France. Les deux fils aînés de Jean-Pierre Peugeot, Jean-Frédéric (1770-1822) et Jean Pierre (1768-1852) transforment le moulin du lieu dit du Sous cratet en fonderie d'acier (1810) en s’associant avec Jacques Maillard Salins. Cette usine fournit les horlogeries en ressorts d'acier, puis à partir de 1833, de la grosse quincaillerie, puis des scies à rubans, des outils.

À partir de 1840, elle lance un moulin à café cubique en bois, avec mécanisme intérieur en acier.

En 1867, leur première machine à coudre;

- 1882, première bicyclette;
- 1889, tricycle à vapeur;
- 1890, quadricycle à gazoline;
- 1892, production de vingt-neuf voitures.

La trace la plus ancienne de vente de moulins à café remonte à 1840, selon les livres de compte de la société Peugeot frères aînés: la firme principale a été fondée en 1832.

En 1842, les quatre fils de son directeur Jean-Frédéric Peugeot, s'associent à des Anglais qui dirigent une fonderie installée à Saint-Etienne depuis 1816, les quatre frères Jackson. Les deux quatuors achètent le moulin de Pont-de-Roide, près de Valentigney


En 1846, ils forment une société en nom collectif « Peugeot aînés et Jackson frères», la production s'accroît et se diversifie. Scies, truelles, fers à repasser viennent compléter la gamme d'outillage à laquelle s'ajoutent des moulins à café. Des moulins cubiques ont leur tiroir bloqué à l'avant par une plaque en laiton fixée légèrement au-dessus du tiroir par une vis et portant l'inscription « Peugeot-Jackson-Pont-de-Roide Doubs», utilisée de 1866 à 1877.

Puis les raisons sociales se succèdent au fur et à mesure des modifications de statuts : - Peugeot aînés et Cie avec même plaque de blocage, portant comme emblème un éléphant, de 1878 à 1893. - Peugeot et Cie, de 1894 à 1910, avec le même type de plaque qui, en plus du laiton, peut être en acier. Celle-ci peut être remplacée par une petite plaque classique, ne servant plus de bloque-tiroir, fixée par deux vis.

De 1910 à 1938, on ne trouve plus que des plaques fixes en laiton ou laiton nickelé, en losange aux angles arrondis, de deux tailles, toujours «À l'éléphant » et avec les inscriptions « Peugeot et Cie » « Pont-de-Roide, Doubs ». L’éléphant de Peugeot et Cie est l'équivalent du lion de Peugeot frères.

De façon courante, on dit « Peugeot Pont-de-Roide » pour désigner ces moulins. Les deux sociétés sont regroupées en 1933 mais la production se poursuit sous chaque marque encore quelques années. Les moulins Peugeot-Pont-de-Roide sont moins nombreux que les Peugeot frères.

Ce sont les « Peugeot frères » qui ont donné aux moulins cubiques en bois leur notoriété et en ont fait le symbole du moulin à café. Les cubiques en bois ont été la plus importante production des moulins Peugeot. Ils existent en 56 modèles différents représentant 280 versions, si l'on différencie les essences de bois, les tailles, le matériau des calottes, les couleurs, les décors.

Initiées en 1840, les ventes se sont poursuivies jusqu'en 1960: « cent vingt années de fabrication qui témoignent de la qualité exceptionnelle de ces moulins », selon le catalogue général édité en 1993 par le musée Peugeot.

Les premiers moulins décorés, à dessins bleus ou polychromes, apparaissent en 1904 pour cesser en 1915. D'autres, d'un style différent, se font à partir de 1930. A partir de 1930, devant la multiplication des modèles bon marché, Peugeot produit des modèles standards, sans marque, pour les grands magasins, BHV, Samaritaine.. Certains sont vendus à des grossistes qui apposent leur propre marque: J.L. Norly, Le Vainqueur, Dalto. Les modèles «belges» à trémie extérieure (bol fermé) avec ou sans colonnettes n'étaient vendus qu'à l'exportation

Les « moulins silencieux » datent de 1938. Ils sont équipés d'une trémie en tôle absorbant les vibrations du mécanisme et suppriment toute déformation. La plaque la plus ancienne , datant de 1851, porte l’inscription « Peugeot Frères d’Hérimoncourt brevetée S.D.DU.G. ». C’est une petite plaque rectangulaire aux coins coupés, en laiton. En 1855, Hérimoncourt est remplacé par Valentigney. A partir de 1865, la plaque s’ovalise et à partir de 1880 apparaît le fameux lion Peugeot, dit « Lion sur flèche », de profil, debout, en marche sur ses quatre pattes, en équilibre sur une flèche. De 1910 à 1941, elle se fait aussi bien en laiton (jaune) ou en laiton nickelé. La plaque octogonale - sans lion - marquée Peugeot frères avec un croissant et «mouvement acier forgé» est apposée sur des moulins bon marché vendus en grands magasins, entre 1934 et 1936.

La décalcomanie fait son entrée en 1936. Elle décore un autocollant gris et ovale marqué, en noir, d'un lion sur flèche et des mots Peugeot frères (1936-1945). De 1938 à1961,cet autocollant prend la forme d'un écu, assez large, aminci à partir de 1950.

Les manivelles sont en acier rond poli ou, à partir de 1890, nickelé sur les modèles de luxe. Les calottes en tôle sont peintes bronze ou vert, en laiton ou laiton nickelé. Le chargement se fait par l'arrière, jusqu'en 1935, par la droite ensuite (jusqu'en 1960).

Entre 1932 et 1934, on voit des calottes nickelées à chargement par le devant. Entre 1935 et 1939, la calotte nickelée est à chargement par le côté. Peugeot a aussi commercialisé des moulins en tôle. Le premier apparaît dans le catalogue de 1872. Il s'en est fabriqué jusqu'en 1936, dont de nombreux sont peints façon bois, chêne ou noyer.Peugeot a réalisés aussi des moulins cylindriques, dits de voyage, de soldat, ou même «turcs» (modèle H) .Le modèle G étant le plus célèbre pour les collectionneurs.

Après la Première Guerre mondiale Peugeot a eu le mérite de populariser le moulin mural de ménage.. Peugeot a pris pour modèle des moulins américains du début du XXe siècle. Les premiers, en bois verni, ressemblent à de hautes boîtes rectangulaires généralement métalliques, en vente de 1920 à 1935.

En 1923 Il commercialise les moulins muraux à trémie en faïence blanche ou décorée d'un moulin hollandais. Il ne s'agit plus d'une boîte compacte renfermant les trois parties du moulin à café. Sur une planchette en bois s'appuie une longue trémie rectangulaire, à arêtes arrondies, au-dessus d'un carter en aluminium, contenant le mécanisme broyeur, et sur lequel s'enclenche la manivelle. La mouture tombe dans un récipient en verre gradué dont les bords supérieurs glissent sous un support à rigoles. Le mécanisme, dit aussi mouvement, est en acier forgé. Le couvercle se fait en laiton ouvragé terminé par un gland, ou en laiton plat. Produite entre 1936 et 1961, la gamme des provinces françaises, a particulièrement attiré l'attention, elle est composé de dix exemplaires en chromolithographies chaudement colorées.

La manivelle se modifie avec le temps. D' abord à une seule courbe, elle prend, après 1932, une forme en S ronde ou plate ajourée. À partir de 1955, elle est droite et cadmiée. À partir de 1932, le carter est en fonte. Les mouvements ont une telle réputation que de nombreux carters Peugeot KM9 équipent des modèles de différentes marques, avec des trémies de fabrication particulière. «Tous nos moulins sont silencieux», affirment alors les annonces publicitaires. Des trémies profilées, trapézoïdales, englobant le mécanisme, donnent une ligne moderne aux derniers moulins muraux, en faïence blanche en 1937-1938, en acier laqué de ton crème de 1948 à 1951, de ton blanc entre 1952 et 1955.